Les Blacks vainqueurs du Tri Nations méritent-ils d’être champions du monde ?
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THOMAS N'KONO (CAMEROUN)
L'ACROBATE
« C'est en voyant N'Kono jouer que j'ai eu envie de devenir gardien de but. » Venu de Gianluigi Buffon, mythique gardien de la Juve, l'information brute a valeur de compliment suprême. Né en 1956, Thomas N'Kono a accompagné trois fois le Cameroun en Coupe du monde (1982, 1990 et 1994), porté 112 fois le maillot national, échoué en finale de la Coupe de l'UEFA avec l'Espanyol Barcelone (1988) et achevé sa carrière en Bolivie. Il a surtout incarné un style, mi-funambule mi-prestidigitateur, à la fois inédit et spectaculaire. Avant l'arrivée de Paul Le Guen, il a assuré l'intérim à la tête des Lions Indomptables.

BRUCE GROBBELAAR (ZIMBABWE)
LE CLOWN
Mieux qu'un destin : un cocktail explosif. Naissance en Afrique du Sud. Classes de baseball aux États-Unis. Service militaire au Zimbabwe (ex-Rhodésie) - d'où sa nationalité. Débuts au Canada. 627 matches pour Liverpool dont une finale de Coupe d'Europe, gagnée en 1984. Procès pour paris truqués. Relaxe. Quelques postes d'entraîneur du côté de Johannesburg. Qui dit mieux que les mille vies de Mister Bruce ?

JOSEPH-ANTOINE BELL (CAMEROUN)
LE FRONDEUR
Toujours en avance d'un avis ou d'un jugement, Joseph-Antoine a imposé sa force personnalité au Cameroun, mais aussi en France. À Toulon et Saint-Étienne, mais surtout à Marseille et Bordeaux. Ici et là, il fut vice-champion de L1, deux accessits qui ont assuré sa notoriété. Victime plus d'une fois d'actes racistes, Bell a participé intelligemment au débat. L'un des premiers poulains de Pape Diouf en tant qu'agent.

BADOU EZZAKI (MAROC)
LE PÉDAGOGUE
Parce qu'il a passé ses plus belles années dans un club de second rang (le RCD Majorque), « Zaki » n'est pas parvenu à s'imposer sur le devant de la scène européenne. Il n'en a pas moins été sacré trois fois meilleur gardien de la Liga. À la boutonnière, il peut se prévaloir aussi de quatre participations à la CAN et d'une à la Coupe du monde (1986). Très bon technicien, il a goûté ensuite à une carrière d'entraîneur prolixe (Rabat, Casablanca, Marrakech, Fès).

AHMED SHOUBEIR (ÉGYPTE)
LE SPHINX
Il fit parler de lui hors d'Afrique à l'occasion de la Coupe du monde 1990, où il n'encaissa que deux malheureux buts (face aux Pays-Bas et à l'Angleterre). À l'intérieur de ses frontières, les présentations ne sont plus à faire. Après sept titres de champion d'Égypte et cinq Coupes nationales, Ahmed Shoubeir est devenu député sous les couleurs du National Democratic Party.